Le projet PICTOMIX est né d’une première expérimentation menée en France par Les Apprimeurs et Les Expéditions dans le cadre des ateliers Pictodyssée. À partir d’un prototype de leporello en pictogrammes intitulé Ulysse sur l’île du Cyclope, les deux structures ont développé et testé une approche originale de narration visuelle destinée à favoriser l’expression orale, la compréhension et l’apprentissage auprès de publics éloignés de l’écrit.

Face aux résultats encourageants observés lors de ces premiers ateliers, les partenaires ont souhaité aller plus loin :
comment adapter cet outil à d’autres langues, d’autres cultures et d’autres contextes éducatifs ?
C’est pour répondre à cette question qu’est né PICTOMIX, un projet européen visant à structurer, tester et diffuser cette méthode à plus grande échelle.

Le projet rassemble cinq organisations européennes aux expertises complémentaires :

  • Langues Plurielles (France), spécialisée dans la formation linguistique des personnes migrantes ;
  • Istituto dei Sordi di Torino (Italie), référence dans l’accessibilité pédagogique et l’éducation inclusive pour les personnes sourdes ;
  • La Lliga (Espagne), active dans l’inclusion sociale et la formation des adultes ;
  • EduKempen (Belgique), spécialisée dans l’éducation communautaire et l’apprentissage tout au long de la vie.

Ensemble, ces partenaires travaillent au développement d’une méthode pédagogique basée sur la narration en pictogrammes, pensée pour être transférable dans différents contextes éducatifs européens et adaptée à une grande diversité de publics.

Une première réunion transnationale à Paris

Les 28 et 29 janvier 2026, les partenaires du projet se sont réunis à Paris, au tiers-lieu Césure, pour une première session de travail consacrée au développement du Work Package 2, dédié à la définition des récits, du cadre pédagogique et de l’univers visuel du projet.

Cette rencontre a permis d’analyser les premiers tests du prototype de leporello développé autour du mythe d’Ulysse et de poser les bases méthodologiques communes pour la suite du projet.

Ce que les premiers tests ont confirmé

Les retours des partenaires ont mis en évidence plusieurs atouts du prototype :

  • le format leporello favorise la curiosité et la manipulation ;
  • il constitue un support engageant et peu intimidant pour les apprenant·es ;
  • les pictogrammes facilitent la mémorisation et soutiennent les échanges, même auprès de publics très éloignés de l’écrit.

Les partenaires ont également souligné certaines limites :

  • les pictogrammes nécessitent une médiation préalable pour être pleinement compris ;
  • le support seul ne permet pas un apprentissage systématique du vocabulaire ;
  • des ressources complémentaires sont nécessaires pour accompagner les facilitateur·rices.

Une vision pédagogique commune affirmée

Les discussions ont permis de réaffirmer un principe central du projet :
PICTOMIX n’a pas pour objectif l’apprentissage rapide de la langue, mais la création de situations de narration collective favorisant l’interaction, l’expression orale et la confiance en soi.

Dans cette perspective :

  • les pictogrammes sont pensés comme des déclencheurs narratifs ouverts ;
  • leur interprétation doit être co-construite avec les apprenant·es ;
  • la médiation du facilitateur reste essentielle dans l’animation des activités.

Cette approche s’inscrit dans une logique de design universel de l’apprentissage, intégrant progressivité, répétition et multimodalité.

Définition de la direction artistique du projet

Le partenariat a également validé les grands principes visuels qui structureront l’ensemble des productions :

  • un système cohérent de pictogrammes en noir et blanc, garantissant lisibilité et homogénéité ;
  • des univers graphiques pouvant varier selon les récits, tout en conservant une base pictographique commune ;
  • une utilisation raisonnée de la couleur comme élément complémentaire, dans le respect des critères d’accessibilité.

Premières pistes pour les récits du projet

Enfin, les partenaires ont commencé à identifier les récits qui serviront de base aux futures productions. Les échanges ont fait émerger une préférence pour des récits :

  • symboliquement riches ;
  • visuellement évocateurs ;
  • culturellement transférables à l’échelle européenne.

Parmi les pistes envisagées :

  • mythologie grecque : Ariane et le Minotaure,
  • mythologie latine : Romulus et Rémus
  • légendes médiévales et paneuropéennes : Roi Arthur, Saint-Georges et le dragon, Baba Yaga…

Prochaines étapes

Les partenaires vont désormais établir une sélection définitive de récits répondant aux critères pédagogiques, artistiques et interculturels définis collectivement. Cette shortlist servira de base à la prochaine phase de production des supports narratifs PICTOMIX.